Un language universel
Photographie : Élise Bernier-Samuel ©
À travers mes années de voyage en solitaire à travers le monde, j’ai eu le privilège de fouler les coins les plus reculés de certains pays et de vivre des expériences humaines qui ont su, avouons-le, me déstabiliser. Que ce soit d’avoir vécu au Mexique ou d’avoir partagé le quotidien d’une famille dans une tribu au sud de la Thaïlande, j’ai certes eu des craintes en tant que femme, mais deux principes ont toujours été le socle de mes aventures.
Le premier, l’importance de déposer mes lunettes occidentales à la poubelle de la douane avant de monter à bord d’un appareil qui, bientôt, allait me transporter de l’autre côté de la planète.
Le second est d’avoir toujours mis l’emphase sur ce qui nous unit, plutôt que ce qui nous divise.
Ainsi, j’avais beau être au beau milieu d’un petit village au Laos, entourée d’enfants et de vaches qui se baladent sur le sol argileux des quelques chemins sinueux autour, c’était très difficile de me sentir déboussolée. Certes, je ne pouvais communiquer en utilisant les mots des langues que je maîtrisais, mais heureusement, entre les humains, il existe plus d’une langue universelle, ou du moins, des signaux largement partagés, notamment le regard, le sourire, la respiration ou la posture.
Ce qui nous unit
La mission d’une organisation peut être abordée comme une simple phrase inscrite aux premières pages d’une planification stratégique ou elle peut être vécue et incarnée par les membres, jour après jour. Sous les différences visibles de chacun, la mission est le socle qui offre les conditions minimales de la rencontre vers un tout.
Lorsqu’elle est bien communiquée, comprise et ressentie, elle produit du sens commun, des repères partagés, une intelligibilité minimale du monde social. Autrement dit, ce qui unit n’efface pas la diversité, mais crée plutôt une base sur laquelle une base commune devient possible.
Quand une mission, des valeurs ou des rituels deviennent lisibles, ils cessent d’être de simples énoncés abstraits et deviennent des marqueurs d’identité collective.
Au-delà des mots
La culture n’est pas seulement contenue dans les discours, mais dans des façons d’être, des gestes, des rythmes, des usages du corps et de l’espace. En sociologie, cela rappelle que le social se maintient autant par des codes implicites que par des règles formelles. Les interactions ne reposent jamais uniquement sur ce qui est dit, mais aussi sur ce qui est montré, incarné, ritualisé.
La culture organisationnelle est faite non seulement de langage, mais aussi de symboles, d’artefacts, de normes implicites, de rites, d’atmosphères et de comportements répétés. C’est pourquoi les humains qui entourent un projet lisent l’organisation bien avant d’en adopter le discours. Ils lisent ce qui est récompensé, toléré, ignoré, célébré.
Ils lisent la cohérence entre les mots et les actes, et c’est précisément là que la communication stratégique intervient. Rendre l’invisible visible et compréhensible.
Repères communs
Ce que l’on retrouve d’un contexte à l’autre, c’est moins un code identique que la nécessité humaine de pouvoir lire suffisamment son environnement pour savoir comment s’y orienter.
Ces repères nous assurent d’éviter de nous sentir complètement perdus, même quand la différence nous guette.
Une communication claire aide les organisations à redevenir lisibles, non seulement pour les partenaires externes, mais surtout pour elles-mêmes. Donner des repères. Rendre une mission habitable. Ce qui apaise n’est pas nécessairement de tout maîtriser, mais plutôt de pouvoir reconnaître quelques points d’ancrage suffisamment fiables pour avancer, ensemble.
Au fond, qu’il s’agisse de traverser un territoire inconnu ou d’habiter pleinement une organisation, tout repose sur notre capacité à trouver ce point commun qui nous unit.
Référence :
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